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vendredi, 22 août 2008

Les mendiants chassés de Pékin, mais une pauvreté toujours présente



Pékin a balayé tous ses mendiants de la ville pour accueillir les Jeux Olympiques. Ainsi les touristes ne se verront pas harcelés par des centaines de mains à la sortie des sites touristiques. 

Sur la photo ci-dessus, cette dame ramasse des petites bouteilles vides tout près de la place Tian' anmen. Ensuite elle ira les revendre à une entreprise de recyclage. J'ai demandé un jour à une dame combien lui rapportait une petite bouteille collectée : Un mao. Si le prix est exact, il faut donc 100 petites bouteilles pour obtenir 1 €. C'est l'un des moyens pour les plus pauvres de gagner son pain. Des gens qui récoltent les bouteilles en plastique, j'en ai vu partout dans toute la Chine. Mais ici à Pékin cette activité est considérée proche de la mendicité et donc interdite pendant les JO. C'est pourquoi cette dame stocke ses bouteilles dans un sac-à-main pour ne pas être repérée par la police. Avec elle, deux enfants. Ils sont petits, ne dépassent pas dix ans et courent partout de poubelles en poubelles. Ils n'hésitent pas à y plonger la tête, comme dans un jeu, et récupèrent le maximum de bouteilles. Sur la photo, ils aident leur mère à écraser les bouteilles pour qu'elles prennent moins de place. 


Avec tous les touristes et la chaleur, les petites bouteilles vides coulent à flots. Sur la place Tian' anmen elle-même un autre ramasseur de bouteilles. Par contre, lui, est assis à côté d'une poubelle et a posé par terre un grand sac poubelle. Les Chinois connaissent tous cette activité et jettent alors directement leur bouteille vide dans le sac. Malgré tout, il n'a pas l'air d'être inquiété par les policiers. 

Près de chez moi, il y a une passerelle. On m'a expliqué que dessus, il y avait depuis toujours un vieux bonhomme qui jouait de la musique pour obtenir quelques pièces. Et peu de temps avant le debut des Jeux, il a disparu. Personne ne sait où il est parti ni comment.


L'objectif de Pékin en expulsant tous les mendiants était que tout soit propre et que les visiteurs repartent sans mauvaise image. Une image artificielle. D'après tous les témoignages que j'ai eus, c'est un Pékin nouveau qu'il y a depuis le début des Jeux. Tout est beau, tout est propre, tout est grand, mais tout est bien fade. Pékin n'a rien à voir avec les autres villes que j'ai vues pendant mon voyage. Les rues sont immenses mais ont l'air vide. La circulation est quasiment fluide partout mais il a fallu recourir à la "circulation alternée". Il manque le côté convivial des petits restaurants de rue, également interdits. On retrouve quelques vendeurs à la sauvette qui vous propose des produits dérivés des JO mais de façon très parsemée. J'étais à Shanghai il y a trois mois, et ils étaient partout. Pour les très pauvres qui ont pu rester à Pékin, c'est un peu une aubaine car il y a beaucoup plus de petites bouteilles ! 

Je faisais la queue au poste de sécurité avant d'assister à une épreuve, là, j'aperçois ceux qui font les grosses poubelles. L'entrée étant interdite aux briquets et aux petites bouteilles d'eau, c'est l'endroit stratégique pour tout récupérer. Avec des centaines de milliers de personnes qui y passent par jour, ça doit en faire des bouteilles et des briquets ! Eux par contre, tout le monde les voient ! Mais la police laisse faire. 

Peut-êre tout simplement, car ce sont les mendiants, plus que les autorités, qui contribuent plus efficacement au tri sélectif et au recyclage des déchets. Une main d'oeuvre, en somme, qui ne coûte rien et utile pour l'environnement.



 
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